Patrick Chauvel (1949- )


Patrick ChauvelNé en 1949, Patrick Chauvel est le petit-fils de l’ambassadeur Jean Chauvel, fils du journaliste Jean-François Chauvel et neveu du cinéaste et écrivain Pierre Schoendoerffer. Mais il est avant tout correspondant de guerre photographe, documentariste et écrivain. Bercé par les récits de son père, il couvre en 1967 la guerre des Six Jours opposant Israël à l’Égypte, la Jordanie et la Syrie. Les photographies ne sont pas bonnes, mais il a trouvé sa vocation.

Il est encore très jeune en 1967 lorsqu’il décide de partir au Vietnam pour couvrir le conflit. Pigiste pour AP et Reuters, il y fera plusieurs séjours jusqu’en 1974 et en rapportera de nombreux clichés. Aventurier et un peu tête brûlée, Patrick Chauvel perfectionne sa technique photographique et réalise de nombreux reportages en Irlande, au Mozambique, en Israël pour la guerre du Kippour, et au Cambodge.

En 1975, il entre à l’agence Sygma et part couvrir la guerre au Liban. À Beyrouth, en 1978, il est fait prisonnier et interrogé avant d’être libéré sur intervention de l’Ambassade. Zaïre, Pakistan, Iran, Nicaragua, Afghanistan… : il n’existe pas de conflit du XXème siècle qui n’ait été couvert par Patrick Chauvel.

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En 1984, il obtient le Prix Missouri pour une photographie prise en plein cœur du massacre de San Salvador. Se succèdent alors de nombreux reportages aux quatre coins du monde, jusqu’en 1994. Il est alors à Grozny en Tchétchénie lorsque Boris Eltsine déclenche une offensive des forces armées de la Fédération de Russie contre les séparatistes qui souhaitent gagner leur indépendance. Ses photographies décrivent l’extrême violence des combats, les combattants tchétchènes dont il partage le quotidien et les jeunes soldats russes inexpérimentés. L’un de ses reportages obtiendra le World Press et le prix d’Angers en 1996.

Patrick Chauvel GroznyFirst Chechen WarRapporteurs de guerre

Ressentant le besoin d’exprimer sa perception des conflits, Patrick Chauvel quitte à cette époque l’agence Sygma et arrête le métier de photographe pour se consacrer au documentaire. En 1998, il réalise avec Antoine Novat un film intitulé « Rapporteurs de Guerre » dans lequel il interroge des confrères sur leur engagement dans ce métier.

Blessures par balles, obus de mortiers : ses cicatrices témoignent de son engagement dans le métier de photojournaliste. Aujourd’hui, il souhaite transmettre les valeurs de la profession, participe à de nombreux colloques, formations et veut susciter la réflexion sur les conflits contemporains.

En mars 2014 a été créée l’Association de préfiguration de la Fondation Patrick Chauvel qui a pour vocation de réunir, archiver, valoriser et promouvoir l’ensemble de son œuvre de reporter de guerre, photographe, réalisateur et écrivain. L’association a aussi pour objectif de développer des pistes de réflexion en organisant des rencontres sur des thématiques telles que le devoir de mémoire, la paix, les révolutions, la résistance, la répression, la guerre… Elle se donne également pour mission de défendre et promouvoir l’éthique du reportage en zones de conflits et de contribuer à la formation de jeunes reporters.

Pour en savoir + :
Association de préfiguration de la Fondation Patrick Chauvel

Le Festival de photojournalisme Visa pour l’Image à Perpignan (Pyrénées Orientales, 66) accueillait en 2014 une exposition proposée par la fondation, intitulée Ceux du Nord. On pouvait y voir réunies les photographies de 4 reporters de guerre du Nord Vietnam. Une volonté de Patrick Chauvel de rencontrer ceux qui, comme lui, retraçaient la guerre du Vietnam, en face.